ōkyō (littéralement « capitale 京 de l'est 東 », par opposition à 京都 : Kyōto, littéralement « ville capitale », l'ancienne capitale) est la capitale administrative de facto du Japon depuis 1868, en tant que lieu de résidence de l'Empereur du Japon, du Premier ministre et siège de la Diète (le parlement japonais), du Cabinet, de tous les ministères qui le constituent et de toutes les ambassades étrangères. Ce statut n'est toutefois pas défini par la Constitution. Elle constitue le principal centre politique de l'archipel depuis le XVIIe siècle.
Mondialement réputée pour son aspect alliant ultra-modernité et tradition, elle est caractérisée par ses gratte-ciels, ses magasins de produits électroniques et de matériels hi-fi, mais aussi par ses nombreux sanctuaires shinto et temples bouddhistes, notamment dans les arrondissements de Chiyoda, Shibuya ou Minato.
La métropole de Tōkyō ou préfecture de Tōkyō forme l'une des 47 préfectures du Japon, mais dispose d'un statut administratif particulier de préfecture métropolitaine. L'agglomération de Tōkyō toutefois s'étend au-delà des limites territoriales de la préfecture, rayonnant sur une large frange de la baie de Tōkyō, ainsi que sur la région du Kantō. L'agglomération de Tōkyō, quelque soit la manière dont on la définit, forme l'aire urbaine la plus peuplée au monde[1].
Son ancien nom est Edo (江戸), « porte de la rivière », en référence à la rivière Sumida qui la traverse. En français, les habitants de Tōkyō sont appelés les « Tokyotes » ou les « Tokyoïtes ». Les japonais quant à eux désignent généralement les habitants de Tōkyō par les expressions Azumaotoko (東男, littéralement « homme de l'Est »?) pour les hommes et Kyōonna (京女, littéralement « femme de la capitale »?) pour les femmes. Le terme d'Edokko (江戸っ子, littéralement « enfant d'Edo »?), désignant historiquement les natifs de la ville lorsqu'elle s'appelait encore Edo, est toujours utilisé pour désigner les « Tokyoïtes de souche », dont les ancêtres sont eux-mêmes nés dans l'un des arrondissements de la capitale japonaise sur plusieurs générations, et qui montrent une certaine identité propre, caractérisée par l'utilisation encore de nos jours de certaines expressions et de l'accent nés de l'ancien dialecte local, l'Edokotoba, et symbolisée par Isshin Tasuke (figure de fiction très populaire), le personnage de Tora-san du film Otoko wa tsurai yo ou encore par le chien Hachikō.
Par centre de Tōkyō, on peut entendre les 23 arrondissements spéciaux. Dans un sens plus restrictif, l'expression peut désigner les 10 arrondissements encerclés par la Yamanote, une importante ligne de train circulaire : Minato, Shinagawa, Shibuya, Shinjuku, Toshima, Kita, Arakawa, Taitō, Chiyoda et Bunkyō (le seul à n'être pas directement desservi par la ligne). Plus étroitement encore le centre peut faire référence aux trois arrondissements les plus centraux qui constituent le c½ur historique de l'ancienne Edo, à savoir Chūō (dont le nom signifie d'ailleurs littéralement « centre » en japonais), Minato (le « port » historique, comme son nom l'indique) et Chiyoda. C'est dans ce dernier que se trouvent le palais impérial et la plupart des grandes institutions politiques nationales. Le centre de Tōkyō se distingue traditionnellement en deux parties : Shitamachi et Yamanote.
Shitamachi (下町, Shitamachi? littéralement « ville basse ») au nord-est désigne les anciens quartiers populaires du vieux Tōkyō et comprend Kanda, Nihombashi, Kyobashi, Shitaya (Ueno), Asakusa, Honjo et Fukagawa[7].
Yamanote (山の手, Yamanote? littéralement « main de la montagne » et qui signifie « côté montagne ») désigne les quartiers autrefois occupés par l'aristocratie, à l'ouest du château d'Edo et actuel palais impérial, et qui constituent encore aujourd'hui les centres administratifs et politiques de la préfecture et du Japon, en comprenant le nord de Chiyoda et les arrondissements de Shinjuku et Bunkyō
La préfecture de Tōkyō ou métropole de Tōkyō (東京都, Tōkyō-to?) comprend les 23 arrondissements spéciaux, qui constituent sa moitié est, et d'autres collectivités, à savoir :
* 26 villes,
* le district rural de Nishitama qui comprend 3 bourgs et 1 villages,
* et 4 sous-préfectures dans les îles du Pacifique des archipels d'Izu et des îles d'Ogasawara, elles-mêmes subdivisées en 9 villages. Elle est d'ailleurs la seule préfecture, avec celle d'Hokkaidō, à être subdivisée en sous-préfectures.
Elle ne se superpose pas à l'agglomération de Tōkyō : elle comprend des zones rurales, dans les collines de Tama à l'ouest, alors que l'agglomération s'étend largement dans des préfectures voisines. La préfecture de Tōkyō dispose d'une plus grande autonomie que les autres, en combinant notamment l'ensemble des compétences dévolues à l'échelon préfectoral (en matière de transport, d'éducation, d'infrastructures, de sécurité) mais en remplissant aussi plusieurs prérogatives généralement détenues par les communes.
Depuis 1999, le gouverneur de la métropole (élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans), parfois appelé par abus de langage « maire de Tōkyō », est Shintarō Ishihara, écrivain et homme politique controversé, ancien membre du Parti libéral démocrate (droite). Il gouverne la préfecture en s'appuyant sur une majorité PLD-Nouveau Kōmeitō qui contrôle, depuis les élections de l'assemblée préfectorale en 2005, 70 sièges sur 125 au sein du corps législatif de la préfecture.